Bang

Touche pas à ma liberté !

Mon absence de post hier n'était pas dû à un oubli, mais à une profonde dépression et une envie de marquer ce jour à l'absence d'encre. Quand je suis rentrée des soldes hier, j'ai appris la triste nouvelle par ma mère et ma grand-mère. Un instant la réalité m'a parue tellement atroce que je n'y croyais même pas. Mais je suis une personne bien trop réaliste/pessimiste pour que le doute persiste plus longtemps.

Je ne suis pas ici pour refaire l'étalage des faits, ni rentrer dans des débats sur les auteurs de cette fusillade. En fait, je suis peu intéressée par le pourquoi et le comment, mais plutôt pas les conséquences de cette infâme tuerie.
Je crois en la paix en tant qu'idéal et nécessité. Mais je crois aussi que l'Homme n'a pas atteint - et n'atteindra peut-être jamais - la maturité pour vivre en harmonie. Tant qu'il y aura des inégalités et une diversité de cultures sans tolérance, il y aura des conflits, des morts et du sang. C'est le propre de l'animal : la compétition est une nécessité pour la survie de l'individu et de l'espèce.

Je condamne cette tuerie pour le simple fait que des êtres vivant n'ont pas à être abattus de cette manière. Il n'y a aucune raison valable pour qu'un humain en tue un autre. Aucune !
Je condamne le massacre de journalistes pour la simple raison qu'il n'est pas moral d'empêcher une personne d'exprimer son opinion. Elle peut être dérangeante, mais elle chacun à le droit à l'expression. Je suis profondément de gauche, féministe et évolutionniste et mes poils se hérissent quand j'entends certains propos de droite, de machiste et de pratiquants. Ce n'est une raison pour les injurier, leur sauter dessus ou les exécuter. Je discute, je m'énerve, je débats. Les échanges se finissent rarement avec une poignée de main et jamais avec une goutte de sang.

Hier soir, un mail du proviseur expliquait qu'un sonnerie serait ajoutée à midi pour que les élèves et les professeurs de l'établissement puissent réaliser une minute de silence pour rendre hommage à ces disparus, ces grandes personnes à leur manière. J'avais cours jusqu'à 11h55 avec une classe de seconde donc nous avons pris le temps de discuter des faits, des raisons pour lesquelles nous les condamnons et pourquoi il est important d'en discuter à l'école. J'ai été surprise par la maturité de certaines remarques et pas l'impact que les faits ont eu sur ces ados de 15 ans.

En rentrant chez moi, je suis passée par la place bondée de la mairie. Les pancartes "je suis Charlie", les crayons et les caricatures faisaient foison. Il était même difficile de se frayer un chemin dans la cohue. Je n'ai pas participé au rassemblement parce que j'avais peur que le discours du maire (FN) tourne à la propagande. Mais j'ai rejoint le chœur pour chanter la Marseillaise depuis mon balcon (à 200m de la place) et j'ai allumé des bougies, ce qui a beaucoup plus de sens à mes yeux que faire partie de la masse.

Pourtant, je dois dire que voir autant de monde se déplacer, d'observer une grande mixité dans les personnes présentes m'a réchauffer le cœur. En ces temps de crises, où l'on se déchire pour la moindre raison, où une ethnie devient vite bouc émissaire, le peuple français s'est uni pour montrer son dégout devant ces actes abominables. C'était tellement beau que j'ai versé une larme (rapidement léchée par ma chatte qui est venue me consoler).
Il est bien triste qu'un évènement aussi dramatique dût avoir lieu pour que l'on se rassemble et que l'on oublie la différence. Et pour combien de temps ? Va-t-on répondre à la violence par la violence ?

Je rends hommage à tous les journalistes tombés pour défendre la circulation de l'information et les droits les plus basiques de la déclaration des droits de l'Homme. Vous êtes des martyrs transcendés en héros. J'espère que vous inspirerez les générations futures à se diriger vers le reportage plutôt que la désinformation. Le journalisme peut encore renaitre de vos cendres !

  • Current Mood: depressed déprimé